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jeudi 14 juin 2018

Monter sa roue de vélo de voyage soi-même, partie 1: le choix des composants

Après 28 ans de bons et loyaux services, je me suis rendu compte que la jante AR de mon VTT, une Mavic Oxigen M6 (OEM), commence à être bien usée.
jante concave = jante usée
Compte tenu de l'âge de mon vélo, l'axe du moyeux AR est en 130 mm, soit 5 de moins que le standard VTT actuel (qui l'est devenu 1 ou 2 ans après que j'eus acquis mon vélo). Je ne peux donc acheter une roue montée.
Je vais donc devoir démonter mon moyeux et le remonter avec une nouvelle jante (et de nouveaux rayons). Le faire faire par un pro coûte environ 60 € plus plusieurs dizaines d'Euros de frais de port. Mon bouclard local n'a pas voulu s'embêter. Donc c'est décidé, je me lance pour monter ma roue.


Ce post sera écrit en plusieurs parties. La première concerne le choix des composants:


  1. quelle jante ?
  2. quels rayons ?
  3. quels écrous (ou têtes) de rayons ?
  4. quel fond de jante ?

Quelle jante?

Mon VTT me sert pour 3 pratiques :

  • vélo de ville à tout faire
  • vélo "gravel" ou VTC (sorties VTT light sur chemins + petites routes) où je ne peux emmener ma randonneuse
  • vélo de cyclo-camping;  ("trekking" en anglais)

Les jantes MAVIC Oxigen M6 OEM montées d'origine ne m'ont causé aucun soucis. Elles sont larges (30 mn à l'extérieur), avec oeillets simples.

Réflexe: trouver des jantes identiques ou très proches. J'aime bien cette largeur. Elle me semble adaptée au montage de tous types de pneus.
Je me rends assez vite compte que les jantes modernes sont bien plus étroites. Seules les jantes de tandem ou typée voyage autour du monde indestructibles comme les Ryde Andra 30 ou 40 font 30 mm ou plus.

Je cherche une jante solide, mais mon expérience positive avec les MAVIC d'origine, qui n'étaient pas des jantes haut de gamme ni typées voyage chargé mais seulement des bonnes petites jantes VTT sur vélo moyen de gamme, me fait penser que je n'ai pas réellement besoin de chercher la solidité à toute épreuve comme critère principal. Pourquoi pas? Le poids.
Sur le critère de la solidité, le fabricant Ryde donne les poids de charge total acceptés, ce qui n'est pas le cas des autres. Bon point pour ce constructeur qui a un vrai soucis de proposer une gamme large de produits typés par usage et met en place les études les tests et les outils de communication adaptés.

Mes critères non négociables:

  • Jante Avant 32 rayons 26" freins sur jante, noire (je vais aussi monter une roue AV avec alternateur dans le moyeux; je posterai à part)
  • Jante AR 36 rayons 26", freins sur jante, noire

Critères importants plus subjectifs:

  • Réputation de solidité (je ne teste pas)
  • Poids raisonnable < 600 g
  • Prix, frais de port compris
  • Disponibilité

Autres points examinés

  • Œillets/sans œillets (j'ai lu que les œillets sont bien mais que ça n'est pas un critère absolu; des jantes sans œillets peuvent être aussi solides si leur épaisseur est bonne).
  • Retour d'expérience sur usages proches des miens
  • Indicateur d'usure

Ma short-list:


  • MAVIC 117
  • Ryde SPUTNIK
  • Ryde X-Plorer R
  • Ryde Andra 30
  • Exal ZX 19

Mon choix s'est porté sur l' Exal ZX 19 . Voici pourquoi:

  1. impression du meilleur compromis pour moi entre poids (environ 500g sur ma balance) et robustesse. A réception, je confirme la forte impression de robustesse, bien que ça ne soit pas du tout signifiant.
  2. prix contenu (< 20 Euros et frais de port contenus car vendu sur sites VPC français)
  3. Le site cyclo-randonnée vend ce produit en roue complète, et je leur fais totale confiance. Malheureusement, ils ne vendent pas de jantes seules donc je n'ai pas pu les commander chez eux.
J'ai fini par commander chez XXCycles car ils les avaient en stock. Mais je dois louer la qualité de service d'Alibabike. Ils ont été à l'écoute et ont créé les références qu'il leur manquaient, après avoir recherché chez leur grossiste. Je n'ai pas pu commander in fine, car l'une des jantes n'était plus dispo chez leur fournisseur. C'est à ce moment-là que j'ai commandé par XXCycles.

Les moins:


  • site web moins informatif (pas de notion de poids max mentionné)
  • Esthétique assez quelconque avec autocollants de la marque. Pas négatif pour moi car je vais les retirer. Ceux par contre qui cherchent un look accrocheur et une marque reconnue, passez votre chemin!

Autres retours:


Les jantes Ryde ont l'air très bien, mais elles sont très mal distribuées en France. J'ai contacté Ryde directement qui m'a dirigé vers un revendeur en France qui n'a pas le produit sur son site web et qui n'a jamais pris ni retourné mon appel!
Les sites britanniques qui ont l'air de bien vendre le produit font payer des frais de port élevés.
Le modèle X-Plorer R qui me semblait être le modèle proche de ce que je recherchais n'est pas donné pour 130 kg (mon poids max) et n'a pas d'œillets. Le modèle SPUTNIK est un produit très costaud mais carrément plus lourd (735g) et l'Andra 30 le modèle pour les vrais voyageurs aux longs cours (740 g en 26 pouces) qui veulent un traitement de surface spécial particulièrement résistant (optionnel), utile pour ceux qui roulent en milieu très abrasif.

Les rayons

2 marques semblent se distinguer: DT Swiss et Sapim.
La 1ère est largement mieux représentée. J'ai comparé les modèles DT Champion (2 mm partout) et DT Competition, des double-buted (2.0, 1.8, 2.0). Ces derniers semblent la référence partout sur le net et font gagner quelques dizaines de g par roue, mais je n'ai pu déterminer un avantage réel. Ceux qui choisissent les Champion n'ont que du positif a dire et aucun ne regrette ce choix. J'ai donc pris les rayons inox DT Swiss Champion environ 2 fois moins chers. Il sembleraient que les DT Competition soient plus confortables et plus solides, en théorie du moins. Je ne cherche pas des roues  très rigides et je n'ai jamais cassé de rayons ordinaires donc je ne pense pas que je percevrais une différence. Je gagne plus de 10 Euros sur ce choix, ce qui n'est pas négligeable sur ce projet.
La difficulté pour les rayons est de commander la bonne longueur. Je ferai un post spécial sur ce sujet.
J'ai commandé chez Rosebikes car le choix, le packaging (par 20) et le prix, y compris le port, sont les plus compétitifs, de loin.

Les têtes (ou écrous) de rayons

Le choix existe entre des rayons 12 ou 14 mm. J'ai pris les 14 car sur le site Exal ils vendent des 14 et pas des 12. Je crois que cela ne fait pas de différence (la longueur sur DT Swiss n'apporte pas de filetage différent entre 12 et 14 donc pas de solidité en plus. Juste un côté pratique en fonction de la profondeur de la jante).

Le fond de jante

Au prix du fond de jante, pas de quoi se faire des nœuds au cerveau Je suis surpris que les fabricants ne précisent pas la largeur requise pour chaque jante Heureusement, le site Cyclo-randonnée le fait donc j'ai commandé du 22 de marque Schwalbe pour une jante ERTRO 19C.


La suite de ce post sera consacrée au choix de la taille des rayons puis au montage de la roue.

jeudi 3 mai 2018

Un vélo de route capable de rouler sur chemins: une évidence pour le vrai cyclotouriste. Mais avec quel vélo?

Si la France et la plupart des pays voisins européens sont des paradis pour cyclotouristes et des randonneurs, c'est en grande partie grâce à un extraordinaire réseau de petites routes et de chemins qui permettent de parcourir le territoire sans devoir emprunter des routes passantes et dangereuses. Grâce à ces réseaux, on peut découvrir des paysages grandioses, des villages et hameaux pittoresques, humer les odeurs d'une nature préservée et variée.
Route forestière reliant le Col de l'Homme Mort au Col de la Barrière sur le Lingas (30)
Paradoxalement, une grande portion de ces routes est peu empruntée par les cyclos modernes roulant sur des vélos dérivés des modèles compétition. Ceux-ci, les yeux rivés sur les compteurs et autres capteurs de puissance, rechignent à emprunter ces routes moins bien revêtues voire non goudronnées et moins rapides. On voit finalement plus de cyclistes sur des départementales "jaunes" que sur les routes "blanches", les plus petites. Celles-là ne sont pas optimisées pour ces cyclistes en recherche de moyennes flatteuses.

Mais le  cyclotouriste dont la pratique est orientée vers la découverte plus que la performance a-t-il vraiment le choix? Le vélo qu'il s'est acheté chez son vélociste du coin lui permet-il de rouler sur toutes surfaces?




Si vous vous présentez chez un vélociste lambda (en France) en exposant votre désir de pratiquer le tourisme à vélo, il y a de grandes chances qu'il vous présente 3 catégories de vélos:

1) Le vélo de route, intrinsèquement inspiré de la compétition. La caractéristique primordiale mise en avant sera le poids, avec d'autres critères censés favoriser la performance.
2) le vélo "fitness", un vélo de route avec un guidon droit. Le critère de confort va être mis en avant, mais l'argumentation va reposer sur le remplacement d'un cintre course par un cintre plat censé favoriser une position plus confortable car plus relevée. Avantage: le vélo fitness est souvent capable d'accueillir un porte-bagage arrière. Monté avec des pneus de 25 en standard, avec changement de jantes il est possible de monter à 28.
3) Le VTC (vélo tous chemins). Costaud (lourd) il est équipé de tous les accessoires y compris d'une fourche télescopique et sa géométrie est conçue pour permettre une posture du cycliste assez droite. Il est monté avec des pneus de 35 environ.

Pour rouler un peu sérieusement sur nos petites routes, le vélo de route dit "de course" semble une évidence à tout le monde. Il y a pléthore de modèles, dans une grande gamme de prix. Mais que se passe-t-il si vous voulez sortir du bitume sur quelques kilomètres? Avec un vélo de route équipé de pneus de 25 mm de large, les plus courants, ça n'est quasiment pas possible. Le confort déjà rudimentaire sur route, est totalement absent dès lors que le revêtement se dégrade ou qu'il est composé de gravier/cailloux.
Route près de Lauzet (34)

C'est pourtant très dommage. Pour moi, le plaisir du cyclotourisme est de partir à la découverte du pays, sur des petites routes. Il m'est bien plus désagréable de rouler sur une route départementale à forte circulation et où les véhicules roulent vite que sur des routes de campagne au revêtement dégradé.

Le VTC: réponse habituelle de la majorité des vélocistes

Si vous exposez votre désir de rouler sur routes parfois un peu dégradées et même sur chemins, il y a de grandes chances que votre vélociste conseil, lobotomisé par les as du marketing, vous oriente vers un Vélo Tous Chemins (VTC). Avec un VTC, ça passe, bien sûr. Malheureusement, dans ce cas, vous vous retrouvez avec un vélo lourd qui va vous décourager dès la première côte. On est donc confronté à un dilemme: rouler loin sur un vélo léger et rapide mais qui doit rester sur du beau bitume, ou rouler de courtes distances sur des petites routes et chemins, avec un vélo lourd.

C'est très dommage pour la plupart des cyclotouristes. En effet, de nombreux cadres route ou ""fitness" aux géométries typées confort pourraient très bien faire l'affaire. Sauf qu'ils sont conçus la plupart du temps pour des pneus "taille fine" de 25 voire 28 dans le meilleur des cas (fitness, DKT Triaban 520/540). Or sur de mauvais revêtements, le principal facteur influençant le confort est le pneu et la taille de celui-ci et surtout sa souplesse.

Pneu plus large = pneu moins roulant?

La doctrine pseudo scientifique, même si elle apparaît couler du bon sens pour le néophyte, a pendant 30 ou 40 ans fait croire que plus un pneu était étroit et fin, plus il était performant. En réalité, les dernières études montrent qu'en conditions réelles, ça n'est pas le cas. Les vibrations engendrées par les aspérités de la route sont l'un des principaux facteurs de perte d'énergie, au-delà du frottement. Or un pneu fin doit être gonflé "à bloc" sous peine de risque accentué de crevaison par pincement. Il est dès lors performant sur route lisse mais insupportable et plus lent sur route dégradée. Non, en réalité, les pneus souples sont plus performants sur les routes de nos campagnes. S'ils sont suffisamment larges, ils permettent de rouler à des pressions moindres qui laissent les flancs du pneu jouer leur rôle d'amortisseurs. On y serait presque mais les cadres routes ne permettent pas de s'équiper. Dommage.

Heureusement, des solutions existent...

La randonneuse légère.

La randonneuse "à la française" a été conçue pour pouvoir monter des pneus de 28 ou 32. Ca n'est pas aussi large que les nouveaux pneus "gravel" mais c'est beaucoup mieux que 25! La randonneuse a totalement disparu des rayons des vélocistes mais on en trouve d'occasion (pas toujours bon marché d'ailleurs, car la mode du vintage est passée par là). Évidemment, en s'équipant de vélos de 30 ans, on ne retrouvera pas les avantages des vélos modernes, et sur la balance, on sera plus près des 12 kg que des 9 des vélos de route actuels. Un compromis qui a rebutera le plus grand nombre (même si je l'ai choisi, moi). Paradoxalement, il est plus facile de nos jours de trouver une randonneuse au Royaume-Uni (sur les sites britanniques, ça s'appelle un Touring Bike) qu'en France. En voici un exemple.
Egalement Décathlon a modifié son Triban 540 (vendu en standard avec des pneus de 25) pour accepter des pneus de 28 et je ne serais pas surpris que certains pneus de 32 passent (sans garde-boue bien sûr).

On peut aussi faire appel aux artisans français qui offrent tous dans leur gamme de tels vélos. Par exemple les cycles Cattin qui peuvent fabriquer sur mesure un vélo parfaitement adapté à votre pratique... au prix du sur-mesure, évidemment (qui ne revient pas forcément si cher que cela si on recherche un vélo parfaitement adapté et qu'on garde 20 ou 30 ans). Elle est traditionnellement fabriquée avec un cadre en acier haut de gamme (pas forcément tellement plus lourd que l'alu) mais je ne vois pas pourquoi il faudrait restreindre le terme de randonneuse à un vélo en acier comme certains voudraient le faire penser.

Dernière solution, se tourner vers la confrérie des 650, une "secte" qui ne jure que par la randonneuse classique chaussée de pneus en 650B. Ils font fabriquer un très bon vélo pour un prix contenu pour une fabrication artisanale, mais qui dépasse quand même les budgets de beaucoup de cyclos. Le cadre n'étant pas fabriqué sur-mesure, je trouve néanmoins que la solution n'est pas si attirante: faible série et cadre à la géométrie standard. Personnellement, je préférerais pousser le budget un peu et faire un vrai sur-mesure. De toutes façons, pour moi, le choix du 650B ne se justifie que pour les cyclos de taille petite à moyenne. Pour un cycliste de plus d'1m80 je ne vois pas l'intérêt de cette taille de roues.
Randonneuse légère Cattin de style classique mais dotée d'équipements modernes


Le vélo "gravel"

Les américains ont compris très vite l'intérêt de créer un nouveau "segment de marché" et ont créé le vélo "gravel", conçu pour l'usage mixte bitume et chemins de terre "gravier". Ce vélo garde les caractéristiques orientées performances d'un vélo de route (géométrie, poids contenu), en modifiant certaines de ses caractéristiques pour permettre un usage polyvalent: passage de roues nettement plus larges por accepter des pneus larges (jusqu'à 42mm), œillets de fixation de porte-bagages et garde-boues, etc. C'est donc une excellente solution, mais malheureusement comme c'est le dernier truc sorti et que c'est le début de la mode, les prix sont élevés et on est loin de pouvoir s'équiper chez n'importe quel vélociste. Comme d'habitude, on fait payer les premiers pratiquants qui sont prêts à lâcher des sous pour faire partie de l'élite avant-gardiste qui développe ses codes. On parle dans le jargon marketing de "tribu".
Vélo Genesis Ridgeback


Alors dans ce contexte, que faire?

Pour les cyclotouristes qui ont un budget limité (500->1000€) et qui ne voient pas pourquoi il faudrait payer plus que pour un vélo de route équivalent, le mieux est selon moi d'attendre un peu.
En effet, Décathlon a trempé un orteil avec le Triban 100, un vélo d'entrée de gamme qui répond tout à fait au cahier des charges mais a été ciblé pour l'entrée de gamme. Il semble bien se vendre. Un vélo vraiment pas cher, mais qui du coup n'est pas doté des équipements de qualité que le cyclotouriste un peu plus ambitieux désirerait trouver sur un tel vélo. Je ne doute pas que Décathlon, comme d'habitude, démocratise le vélo gravel en reprenant les éléments de géométrie de son cadre Triban 100 sur un vélo de la gamme du 500 ou 540. Je serai surpris si l'année 2018 se terminait sans voir un tel vélo arriver dans les rayons.

Pour ceux qui veulent un vélo polyvalent et performant qui ne rechignent pas à mettre plus, le gravel est une solution, mais le vélo d'artisan aussi. Dans le premier cas on met de l'argent pour un vélo léger, "dans le vent". Dans le second pour la qualité et la durabilité, ce qui ne signifie pas un vélo lourd pour autant et surtout un choix personnalisé de tous les aspects du vélo.

Reste l'occasion. Si on connait, qu'on sait faire la mécanique permettant de remplacer sans dépenser de main d'oeuvre ce qui peut ou doit l'être, c'est sans aucun doute le meilleurs rapport qualité/prix. Encore faut-il bien savoir ce qu'on cherche et être patient.

Quels cas d'usage pour une randonneuse moderne "compatible chemins"?

Vouloir/devoir rouler sur chemins

Lors de 2 de mes 3 dernières sorties, j'ai du emprunter des sections de route ou chemins non goudronnés. Dans le premier cas, je suis passé par choix sur un itinéraire planifié comportant des sections de terre. Pour le second, obligé de changer mes plans, j'ai tenté de rentrer à la maison au plus court en roulant sur une grande route, que j'ai rapidement décidé de délaisser à cause du danger. Mon seul échappatoire: une route en terre de 3 ou 4 km permettant de retrouver un itinéraire plus calme.
Sur la D127E pour quitter la route de Ganges et rejoindre la route de Murles (34)
Plus tard dans cette randonnée, j'ai choisi "à l'intuition" de tenter l'exploration le long de la Mosson, rivière qui passe à Montpellier pour éviter de passer par le quartier de la Paillade. Ce fut une superbe découverte. Si j'avais un vélo de route "classique", chaussé de pneus de 25, jamais je n'aurais pu prendre ces décisions.

Ces 3 exemples montrent que le vélo de route actuel standard (vendu en magasin de vélos) est une entrave à une pratique cyclotouriste orientée vers la découverte et vers la sécurité.

Je ne doute pas que dans 5 ans, la plupart des vélos de cyclotourisme permettent de monter des pneus larges qui entraineront les cyclotouristes qui le souhaitent sur des routes et des chemins plus calmes, leur faisant redécouvrir une pratique plus axée sur le plaisir et la découverte que sur la performance.

Partir sur 2 ou 3 jours

Dans cyclotourisme il y a "tourisme". Nous ne manquons pas d'opportunités pour partir sur 2 ou 3 jours en mode "carte bleue" (nuit à l'hôtel ou chambre d'hôtes, gîte d'étape etc.).
Le vélo de "course" actuel n'est pas équipé d'œillets pour monter un porte-bagage, même léger pour transporter quelques affaires. La mode "bike-packing" qui accompagne le "gravel" permettrait de pallier cela car elle prône des sacoches de cadres et autres  qui ne nécessitent pas de porte-bagages. Mais avec une sacoche de cadre, difficile de monter des porte-bidons. C'est pour cela que les vélos gravel ont des fourches équipées de fixations de porte-bidons... qui manquent au vélos "de course". 
Ma randonneuse Méral à l'Aigoual lors d'une virée de 2 jours (30)
Bref, encore une fois, la randonneuse classique était parfaitement adaptée au cyclotourisme. Le vélo gravel reprend le flambeau mais refuse l'approche porte-bagages qui l'obligerait à tomber le masque de l'"innovation". En effet, marketing oblige, le monde du Gravel veut éviter à tout prix d'apparaître comme la renaissance de la randonneuse. Il se présente comme "une approche totalement nouvelle du cyclisme, en liberté, venue des États-Unis". Les sacoches représentent selon eux à elles seules l'archétype du cyclotourisme ringard. Vous ne trouverez JAMAIS un vélo gravel en photo équipé de sacoches traditionnelles. Toujours des sacoches de Bikepacking (article à venir sur ce sujet).

Finalement, même si cela m'horripile, ça n'a aucune importance. L'essentiel est que le mouvement soit en marche et qu'on puisse trouver dans toutes les gammes de prix un vélo de route capable de se laisser emmener par un cycliste tourné vers une pratique du cyclotourisme découverte qui désire rouler sur une monture performante, adaptée aux ascension de cols de montagne comme à la plaine. L'influence de la mode Gravel aura pour cela été très bénéfique. Alors réjouissons-nous et ... patientons encore un peu!