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dimanche 9 septembre 2018

La Camargue sauvage par la digue à la mer: le bonheur à vélo

Le tour de l'étang de la Réserve de Camargue est un projet qui traîne depuis longtemps dans nos cartons. Pour envisager cette boucle, le minimum est une météo avec beau temps et sans vent fort. L'idéal étant qu'il fasse suffisamment chaud pour pouvoir se baigner mais pas trop pour ne pas subir le cagnard dans ce paysage sans ombre.
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Toutes ces conditions étaient réunies hier. Ça tombait bien, nous n'avions rien au programme de ce samedi.

Donc partis le matin de la maison, nous étions prêts sur les vélos à 11 h après nous être garés aux Saintes.
Le projet était de faire la boucle autour de la réserve naturelle, soit 65 km de chemins et de route au plus près de l'étang de Vaccarès. Autant le dire tout de suite, nous avons modifié notre objectif en cours de route tant il était agréable de prendre notre temps. Vous comprendrez en continuant la suite.

N'ayant jamais roulé sur la digue à la mer et compte tenu du trait plein noir sur la carte TOP 100 IGN qui signifie normalement du chemin à peine carrossable, je conseillais fortement à Catherine de prendre son VTC. Pas de côtes donc pas de soucis de poids. Autre avantage, la taille des pneus permettrait de rouler sur la plage, sur le sable mouillé, le cas échéant. Et la fourche télescopique devraient lui apporter une meilleure absorption des secousses sur les sections défoncées.
La convaincre ne fut pas aisé tant les pneus Compass dont son Lapierrre est chaussé depuis cet été sont confortables. Elle pensait que ce dernier, avec son guidon aux angles marqués aux poignées et lui conférerait une position beaucoup plus confortable que celle imposée par le cintre plat du VTC. Il est vrai que le parcours emprunte quand même majoritairement de la route goudronnée. Elle suivit néanmoins mon conseil et le Lapierre est resté dans la voiture.

Donc nous voici partis sur la digue à la mer, cette construction de la fin du 19ème réalisée pour isoler les étangs de la mer.
Nous avons été tout de suite surpris par la qualité du revêtement – du beau stabilisé – dès les premiers kilomètres et sur la presque totalité de la section jusqu'au phare de la Gacholle. Seules quelques congères de sable très localisées nous ont forcés à mettre pied à terre. Sur 100m en tout au maximum. Voilà qui me mettait un peu mal à l'aise car je savais ce que Catherine se disait dans sa tête: son vélo lui manquait. La beauté des paysages et le temps splendide rendaient cette question de vélos tout à fait secondaire. Nous en profitions à plein.
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Après 13 km, nous arrivons au au phare de la Gacholle où nous nous arrêtons pour visiter la petite expo sur la réserve et l'histoire du phare. Nous décidons d'y manger notre pique-nique compte tenu de l'aménagement d'un espace propice à cela avec tables ombragées. Le point info est tenu par des bénévoles de la Société Nationale de Protection de la Nature, une vieille dame en perte de vitesse sur le terrain des associations de protection de la nature, qui a la responsabilité de gérer la réserve Nationale de Camargue.
Nous repartons en direction de la place de Beauduc. Les paysages sont splendides, très sauvages. Il y a peu de monde.
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Arrivés sur la plage immense et déserte, c'est le pied intégral. On se croirait à la plage de Port Stephens au Australie! La mer est chaude, pas de vent. La baignade divine. Les vélos, eux, restent sagement sur la grève...
Plage de Beauduc, immense plage déserte
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Après avoir passé du temps à en profiter, tout simplement, à flâner pour glaner quelques bois de flottage, nous repartons en roulant sur la plage. C'est hyper agréable et le vélo de route en pneus de 28 ne manque plus à Catherine!
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A Beauduc on retrouve un peu plus de monde car on peut accéder en voiture (et camping car). Cet endroit est très particulier. Il y a des caravanes éparpillées un peu partout (à bonne distance les unes des autres car le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a de l'espace). Tout cela confère au lieu un côté bohème flagrant. On dirait que des habitués sont installés là quasi à demeure l'été tout du moins, qu'ils soient pêcheurs, kiteurs ou véli-planchistes.
On ne s'attarde pas car il nous faut repartir vers les Saintes. Nous roulons désormais sur des chemins de terre entre les étangs. Les flaques d'eau sont énormes. Les débris de spoiler indiquent que la voiture légère est acceptée, mais à faible vitesse: je roule plus vite à vélo qu'elles.
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L'itinéraire de retour se faufille entre les étangs avant de nous faire repasser par le phare de la Gacholle où nous ferons l'arrêt goûter. Un petit vent s'est levé depuis Beauduc, que nous avons maintenant de face, mais rien de méchant. Seul petit contre-temps, une crevaison avec mes Michelin Country Rock. Une petite entaille de rien du tout est allée inciser la le pneu puis la chambre sur 2 mm. Méfiance sur ces pneus par ailleurs agréables et polyvalents car je ne suis pas passé dans des terrains a priori menaçants.
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Nous serons de retour à la voiture à 18h00, après seulement 42 km mais une super journée à rouler bien cool et se faire plaisir. Y'a pas à dire, moi qui n'aime pas la plage, dans ces conditions, ça n'a rien à voir. Le vélo est l'instrument idéal pour découvrir et profiter de ces grands espaces. La marche serait trop monotone et épuisante car les distances sont grandes. Par contre, les moyennes sont très basses tant les paysages sont beaux et les arrêts fréquents. Il aurait été dommage de nous entêter sur le projet initial avec des conditions idéales pour profiter de la plage comme c'est vraiment rare de pouvoir le faire en France.

Conseils et infos sortie:

Temps de voiture pour aller au point de départ: 55 mn
Distance: 42 km
Vélo conseillé: VTC ou VTT (vélo de route avec pneus > 28mm  OK sur la digue à la mer)
Condition physique requise: correcte. Aucune difficulté mais trajet assez long pour les débutants.
Précautions:

  • emporter suffisamment d'eau car hormis achat de bouteille possible au phare de la Gacholle pour dépannage il n'y a pas d'eau
  • éviter par vent soutenu du S-O car les vagues rendent le roulage sur la plage plus difficile. Eviter aussi Mistral fort
  • ne pas faire après grosses pluies car les chemins de terre sont trop boueux

dimanche 12 août 2018

Magnifiques Col de l'Espinouse et massif du Caroux!

Très belle sortie en ce 1er dimanche d'août dans le secteur du Haut-Languedoc avec Catherine et Stéphane. L'idée était de monter à l'Espinouse (plus haut sommet de l'Hérault) dans le massif du Caroux pour profiter de cette belle journée certes estivale mais pas trop chaude. Un ciel bien bleu nous laissait espérer une belle visibilité, un pré-requis pour entamer cette balade aux points de vues somptueux et se déroulant dans l'écrin d'une nature sauvage.


Nous voici donc assez tôt partis en direction Lamalou-les-Bains, un point de départ situé à une bonne heure de voiture de chez nous. Nous nous garons sur le parking de l’ancienne gare, au bord de la voie verte. Notre balade va commencer mollo, en empruntant cette voie verte "Passa Païs" de mieux en mieux connue (donc de plus en plus empruntée). Oh, nous roulerons pas longtemps sur son stabilisé bien agréable. Au premier village (Poujols/orb), nous prenons la tangente pour nous élever vers notre but.
C'est une montée assez longue mais très agréable et très tranquille, parfaite pour les chasseurs de cols car elle est truffée de cols intermédiaires: col des Princes, Col de Jacquet, Col de Madale, col des Avels, col de l'Ourtigas, Pas de la LAuze. Seuls les 4ème et 7ème km dépassent les 7% de moyenne. Je grimpe sur le 38x25 car par suite de casse de galet de dérailleur de ma randonneuse, j'ai temporairement transplanté un vieux dérailleur Shimano 105 qui se révèle pas mal tordu. Conséquence, je ne peux utiliser la dernière couronne de 28 sans risquer de retrouver le dérailleur happé par les rayons. Sur le petit plateau de 28, ça frotte, même sur le pignon de 25, donc je n'utilise que très rarement le petit plateau, en cas de besoin et sur des courtes distances.
Au début, on grimpe dans des bois, souvent d'anciennes plantations de châtaigners. Mais sans trop tarder, de beaux points de vue se présentent. Nous traversons le petit village de Combes, à l'allure très cévenole. Ce n'est vraiment qu'après la bifurcation de Douch, sur la commune de Rosis, que le paysage s'ouvre et révèle sa personnalité. Nous rentrons dans les bruyères et les fougères caractéristiques de ce massif.

Champs de bruyères et fougères au dessus de Rosis

Petite descente avant la dernière montée vers le col de l'Espinouse

Vue sur le haut de gorges d'Héric et au loin, la Méditerranée
Beau point de vue vers la vallée de la Mare. Au loin, les contreforts des Cévennes et du Causse du Larzac

Vue vers l'Est, les contreforts du Larzac, les Monts d'Orb et le Lodèvois
Nous pique-niquons au sommet, dans une température très agréable, à l’ombre des pins, sans trop nous attarder car Delphine est seule à la maison et nous lui avons annoncé un retour vers 15h. Les premiers km de la descente découvrent une vue sur un énorme parc éolien. La source de l’Agoût se trouve à notre gauche. Ce ruisseau se transformera au fil des kilomètres en une belle rivière qui va traverser une bonne partie du département jusqu’à rejoindre le Tarn, à quelques kilomètres de Toulouse.
A peine entrés dans la forêt de feuillus, alors que la pente s’accentue, une série noire commence pour moi. Je crève, puis 300 m après avoir repris après réparation, je crève à nouveau. Une belle grosse fente. Sûr de n'avoir pas pincé, j'incrimine le fond de jante que j'ai changé il y a peu.
A la troisième crevaison, peu avant St Gervais sur Mare, je commence à mettre en question la cause que j’avais pressentie (fond de jante). J’examine le pneu et la chambre à air avec plus d'attention et constate que mon patin AR a été déplacé; en cas de freinage fort, il venait toucher le flanc du pneu, fragile sur mes Panaracer, et l’incisait. Mon pneu tout neuf affichait une coupure sur qq mm, précisément à l'endroit où j'avais déjà réparé (la rustine avait elle aussi été fendue).
Enfin je comprends cette série noire qui (je l'avais oublié) avait commencé avant mon escapade de 240 km dans le Var début juillet).

Mais la descente sur Saint Gervais/mare est super. Nous sommes très proches du Sud Aveyron et de la ligne de partage des eaux (Méditerranée/Atlantique) et du Col du Coustel, un coin que nous avons déjà arpenté plusieurs fois. Mais cette descente est une première, très réussie.
Falaise d'Orques, au dessus de St Gervais/Mare
A Saint Gervais, nous prenons à droite pour une petite grimpée d'un col supplémentaire – encore un col de la Pierre Plantée – pas bien méchant mais un peu chaud en cette après-midi estivale. Resté en arrière pour réparer la crevaison, je rattrape Catherine dans la descente, un quasi faux plat très agréable, alors que Stéphane est parti en avant. Nous le retrouvons après la traversée de la station thermale de Lamalou-les-Bains un peu engourdie par la chaleur de ce dimanche après-midi (commerces fermés).

Au final, nous avons roulé 60 km et grimpé 1300m de D+ environ. Catherine a eu un peu sa dose de montées avant le sommet. Mais la journée a été excellente (à l'exception des crevaisons à répétition). C'est assurément l'une des plus belles sorties cyclo de l'Hérault.
Je m'émerveille devant une nature si belle et suis partagé au sujet de la méconnaissance de la plupart des gens à propos de cette région: content, car il y a vraiment peu de circulation; et en même temps je suis perplexe: de tels paysages si proches de nous et on veut toujours aller plus loin pour être dépaysés!

jeudi 14 juin 2018

Monter sa roue de vélo de voyage soi-même, partie 1: le choix des composants

Après 28 ans de bons et loyaux services, je me suis rendu compte que la jante AR de mon VTT, une Mavic Oxigen M6 (OEM), commence à être bien usée.
jante concave = jante usée
Compte tenu de l'âge de mon vélo, l'axe du moyeux AR est en 130 mm, soit 5 de moins que le standard VTT actuel (qui l'est devenu 1 ou 2 ans après que j'eus acquis mon vélo). Je ne peux donc acheter une roue montée.
Je vais donc devoir démonter mon moyeux et le remonter avec une nouvelle jante (et de nouveaux rayons). Le faire faire par un pro coûte environ 60 € plus plusieurs dizaines d'Euros de frais de port. Mon bouclard local n'a pas voulu s'embêter. Donc c'est décidé, je me lance pour monter ma roue.


Ce post sera écrit en plusieurs parties. La première concerne le choix des composants:


  1. quelle jante ?
  2. quels rayons ?
  3. quels écrous (ou têtes) de rayons ?
  4. quel fond de jante ?

Quelle jante?

Mon VTT me sert pour 3 pratiques :

  • vélo de ville à tout faire
  • vélo "gravel" ou VTC (sorties VTT light sur chemins + petites routes) où je ne peux emmener ma randonneuse
  • vélo de cyclo-camping;  ("trekking" en anglais)

Les jantes MAVIC Oxigen M6 OEM montées d'origine ne m'ont causé aucun soucis. Elles sont larges (30 mn à l'extérieur), avec oeillets simples.

Réflexe: trouver des jantes identiques ou très proches. J'aime bien cette largeur. Elle me semble adaptée au montage de tous types de pneus.
Je me rends assez vite compte que les jantes modernes sont bien plus étroites. Seules les jantes de tandem ou typée voyage autour du monde indestructibles comme les Ryde Andra 30 ou 40 font 30 mm ou plus.

Je cherche une jante solide, mais mon expérience positive avec les MAVIC d'origine, qui n'étaient pas des jantes haut de gamme ni typées voyage chargé mais seulement des bonnes petites jantes VTT sur vélo moyen de gamme, me fait penser que je n'ai pas réellement besoin de chercher la solidité à toute épreuve comme critère principal. Pourquoi pas? Le poids.
Sur le critère de la solidité, le fabricant Ryde donne les poids de charge total acceptés, ce qui n'est pas le cas des autres. Bon point pour ce constructeur qui a un vrai soucis de proposer une gamme large de produits typés par usage et met en place les études les tests et les outils de communication adaptés.

Mes critères non négociables:

  • Jante Avant 32 rayons 26" freins sur jante, noire (je vais aussi monter une roue AV avec alternateur dans le moyeux; je posterai à part)
  • Jante AR 36 rayons 26", freins sur jante, noire

Critères importants plus subjectifs:

  • Réputation de solidité (je ne teste pas)
  • Poids raisonnable < 600 g
  • Prix, frais de port compris
  • Disponibilité

Autres points examinés

  • Œillets/sans œillets (j'ai lu que les œillets sont bien mais que ça n'est pas un critère absolu; des jantes sans œillets peuvent être aussi solides si leur épaisseur est bonne).
  • Retour d'expérience sur usages proches des miens
  • Indicateur d'usure

Ma short-list:


  • MAVIC 117
  • Ryde SPUTNIK
  • Ryde X-Plorer R
  • Ryde Andra 30
  • Exal ZX 19

Mon choix s'est porté sur l' Exal ZX 19 . Voici pourquoi:

  1. impression du meilleur compromis pour moi entre poids (environ 500g sur ma balance) et robustesse. A réception, je confirme la forte impression de robustesse, bien que ça ne soit pas du tout signifiant.
  2. prix contenu (< 20 Euros et frais de port contenus car vendu sur sites VPC français)
  3. Le site cyclo-randonnée vend ce produit en roue complète, et je leur fais totale confiance. Malheureusement, ils ne vendent pas de jantes seules donc je n'ai pas pu les commander chez eux.
J'ai fini par commander chez XXCycles car ils les avaient en stock. Mais je dois louer la qualité de service d'Alibabike. Ils ont été à l'écoute et ont créé les références qu'il leur manquaient, après avoir recherché chez leur grossiste. Je n'ai pas pu commander in fine, car l'une des jantes n'était plus dispo chez leur fournisseur. C'est à ce moment-là que j'ai commandé par XXCycles.

Les moins:


  • site web moins informatif (pas de notion de poids max mentionné)
  • Esthétique assez quelconque avec autocollants de la marque. Pas négatif pour moi car je vais les retirer. Ceux par contre qui cherchent un look accrocheur et une marque reconnue, passez votre chemin!

Autres retours:


Les jantes Ryde ont l'air très bien, mais elles sont très mal distribuées en France. J'ai contacté Ryde directement qui m'a dirigé vers un revendeur en France qui n'a pas le produit sur son site web et qui n'a jamais pris ni retourné mon appel!
Les sites britanniques qui ont l'air de bien vendre le produit font payer des frais de port élevés.
Le modèle X-Plorer R qui me semblait être le modèle proche de ce que je recherchais n'est pas donné pour 130 kg (mon poids max) et n'a pas d'œillets. Le modèle SPUTNIK est un produit très costaud mais carrément plus lourd (735g) et l'Andra 30 le modèle pour les vrais voyageurs aux longs cours (740 g en 26 pouces) qui veulent un traitement de surface spécial particulièrement résistant (optionnel), utile pour ceux qui roulent en milieu très abrasif.

Les rayons

2 marques semblent se distinguer: DT Swiss et Sapim.
La 1ère est largement mieux représentée. J'ai comparé les modèles DT Champion (2 mm partout) et DT Competition, des double-buted (2.0, 1.8, 2.0). Ces derniers semblent la référence partout sur le net et font gagner quelques dizaines de g par roue, mais je n'ai pu déterminer un avantage réel. Ceux qui choisissent les Champion n'ont que du positif a dire et aucun ne regrette ce choix. J'ai donc pris les rayons inox DT Swiss Champion environ 2 fois moins chers. Il sembleraient que les DT Competition soient plus confortables et plus solides, en théorie du moins. Je ne cherche pas des roues  très rigides et je n'ai jamais cassé de rayons ordinaires donc je ne pense pas que je percevrais une différence. Je gagne plus de 10 Euros sur ce choix, ce qui n'est pas négligeable sur ce projet.
La difficulté pour les rayons est de commander la bonne longueur. Je ferai un post spécial sur ce sujet.
J'ai commandé chez Rosebikes car le choix, le packaging (par 20) et le prix, y compris le port, sont les plus compétitifs, de loin.

Les têtes (ou écrous) de rayons

Le choix existe entre des rayons 12 ou 14 mm. J'ai pris les 14 car sur le site Exal ils vendent des 14 et pas des 12. Je crois que cela ne fait pas de différence (la longueur sur DT Swiss n'apporte pas de filetage différent entre 12 et 14 donc pas de solidité en plus. Juste un côté pratique en fonction de la profondeur de la jante).

Le fond de jante

Au prix du fond de jante, pas de quoi se faire des nœuds au cerveau Je suis surpris que les fabricants ne précisent pas la largeur requise pour chaque jante Heureusement, le site Cyclo-randonnée le fait donc j'ai commandé du 22 de marque Schwalbe pour une jante ERTRO 19C.


La suite de ce post sera consacrée au choix de la taille des rayons puis au montage de la roue.

dimanche 20 mai 2018

3 jours dans l'Aude: 3ème et dernière étape


J’avais mis le réveil par sécurité à 6h30 car nous avions décidé de partir plus tôt ce matin. Pure précaution car je suis réveillé avant qu’il sonne, comme d’hab. Le démontage de la tente est rapide: pas d’humidité à gérer en dormant sur une dalle de béton avec un toit!
Notre tente était “plantée” à 5 m de la route mais nous n’avons pas vu ni entendu une seule voiture pendant la nuit ni même ce matin.
Vers 8h15 les vélos sont chargés, les bidons remplis: c’est le départ. Nous ne sommes qu’à 2 ou 3 km du premier col du jour, le col de Valmigère (705m).
Nous y sommes accueillis par des génisses fort curieuses et photogéniques qui semblent se bousculer pour être sur la photo.

La vue du col est splendide. C’est un balcon tourné face à la chaîne orientale des Pyrénées. Quelle bonne idée nous avons eue de nous arrêter à Valmigère pour l’étape! Si nous avions continué sous l’orage, hier, nous n’aurions rien vu!
Tout à gauche, bien que peu visible, le Canigou se révèle dans la brume grâce à la blancheur de ses flancs enneigés. Pile en face, c’est le Pic de Bugarach, rendu célèbre en 2012 par les fêlés qui comptaient s’y réfugier pour échapper à la fin du monde. Il a une forme reconnaissable de loin! A droite, les montagnes enneigées du Pic de Madrès, sommet du département de l’Aude annoncent le Capcir et les Pyrénées ariégoises, elles aussi enneigées, qui les jouxtent.






Après quelques kilomètres de descente, nous prenons à gauche vers l’Est et abandonnons notre itinéraire prévu au départ. Nous avons décidé de rentrer à Narbonne par la haute vallée de l’Orbieu et en faisant le détour par Termes et son château célèbre.
Nous roulons à présent sur une petite route en balcon qui serpente à flanc de montagne et nous apporte de multiples points de vue. Seuls les chants des oiseaux égaient le calme ambiant. Les fleurs des champs rivalisent de coquetterie pour y ajouter le plaisir des yeux (et moins des narines de Catherine, allergique aux pollens de graminées). Je scrute les détails du paysage que j’ai imaginé pendant des heures sur les cartes topographiques lors de la préparation de cette randonnée, à la recherche du meilleur itinéraire et d’un lieu pour bivouaquer. J’adore cette superposition de ce que mes yeux voient “en vrai” avec ce que mon cerveau a composé comme image 3D “virtuelle” dans ma mémoire.
Tenté par le détour par le col de l’Homme Mort, à 2 petits kilomètres, que le chasseur de col qui sommeille en moi me pousse à aller gravir, je ne succomberai pas. Non, la journée est assez longue comme cela. On reviendra dans l’Aude un jour, c’est sûr.
Un kilomètre plus loin, au carrefour sous le village de Bouisse, nous discutons l’itinéraire. A droite, le descente directe mais plus longue par les gorges de l’Orbieu que j’ai bien envie de voir. A gauche, chemin plus court (mais encore un peu de montée) par Bouisse mais qui risquait de nous faire rater ce que la carte indique comme la partie la plus étroite des gorges et qui me semble la plus intéressante. Nous prenons à droite. La descente est longue, roulante mais pas trop. Nous n’avons toujours pas vu de voiture ce matin et ça devient dangereux. On s’habitue à rouler comme si il n’y en aurait jamais. Nous en croisons finalement une dans une portion rectiligne. Le conducteur, un local, ne s’attendait pas à nous croiser non plus. Je repense aux virages sans visibilité de cette route étroite, ...
Les gorges de l’Orbieu sont tranquilles et belles mais ça n’est pas aussi encaissé que je l’imaginais.
C’est à l’automne que ça doit être magnifique, avec les arbres aux feuilles flamboyantes. En levant les yeux nous repérons les virages de la route de Bouisse que nous aurions pu choisir: elle doit être très belle aussi car elle arrive par le haut et doit offrir de très beaux points de vue.






Après 13 km le long de l’Orbieu nous quittons la D212 après un élargissement de la rivière en direction de Termes. Le château apparaît subitement, perché sur son sommet. Premier commentaire: on espère qu’il ne faut pas grimper là-haut!
Non, le château médiéval est construit à l’écart du village, 120 m au dessus. La route se met néanmoins à grimper sec. Mais le paysage est très beau. Elle s’engage par une série de tunnels dans les gorges du Terminet, constituées d’une suite de chutes d’eau et de cascades réputées pour le canyoning. Pause photos et barres énergétiques.
Hommage aux hommes qui ont cassé le cailloux pour ouvrir cette route en 1903 : merci à eux! Un couple de cyclos, les premiers de la journée, débouche du tunnel “tous feux éteints”.






Le village de Termes est très mignon et accueillant.






Je suis sûr que la visite du château est intéressante mais compte tenu de l’heure, nous ferons l’impasse. Nous ne visiterons que l’église paroissiale romane. Près de la rivière des volontaires s’affairent pour préparer le lieu pour le pique-nique festif du village. La mairie semble très dynamique, malgré la taille microscopique de cette commune: des robinets, des sanitaires bien équipés et propres, un espace pour pique-niquer dans l’herbe, en bord du torrent où les truites fario ne se cachent pas. Franchement, ce serait le lieu idéal pour la pause déjeuner (il y a aussi un tout nouveau petit restaurant dans la rue principale) mais compte tenu de la grimpette qui nous attend, on préfère continuer avant de casser la croûte. Nous ne regrettons pas le crochet par Termes. Le chasseur de col, lui, sera récompensé de 3 nouvelles coches en 6 km.
Au col de Bedos, nous rejoignons la D613, route nettement plus large que ce que nous empruntons d’habitude, mais presqu’aussi déserte que les autres. Elle nous permet de descendre sans toucher aux freins jusqu’à Félines-Termenès où nous nous arrêtons pour casser la croûte, ce que nous faisons au beau milieu du village assis sur un banc ombragé. Nous ne nous attardons pas: il n’y a pas le moindre café dans ce village. Pour cela nous devons poursuivre jusqu’à Villerouge-Termenès, beaucoup plus intéressante, ce qui me permettra de cocher un col très insignifiant mais néanmoins recevable pour la confrérie. Je ne m’arrêterai même pas pour une photo.
Villerouge-Termenès est par contre un village doté d’un très beau château médiéval dit “cathare”.
Nous trouvons facilement un café, parfaitement situé en face de ce château, sur la place de la mairie. Le lieu est sympathique, où touristes comme autochtones se retrouvent pour un verre ou un repas.






Hélas, nous ne pourrons pas plus prendre le temps de visiter ce château que celui de Termes. Nous déplions la carte sur la table du café pour trancher le dernier arbitrage possible sur le moyen de rejoindre notre voiture à Narbonne. Nous pouvons continuer sur cette très roulante D613 en direction de Saint Laurent de la Cabrerisse, l’”autoroute de la mer” comme la surnommait Didier hier. Pas emballant. Nous retenons une autre solution: partir vers l’Est (la Méditerranée) par une route blanche à travers le massif des Corbières. C’est plus long mais le relief devrait être plus relax, paradoxalement. En effet, un col tout proche et “plat” tient lieu de seuil au-delà duquel nous basculerons en mode descente jusqu’à la plaine littorale car nous pourrons suivre des routes qui longent les cours d’eau.
La reprise après la pause café dans la chaleur est un peu poussive mais le calme et la beauté des paysages sauvages nous enthousiasment. Depuis Termes et le col de Bedos, ils sont devenus plus méditerranéen. En descendant sur Albas, les forêts de chênes et une végétation de garrigue s’étendent à perte de vue, sans aucune ferme ni village visibles. Dans ce splendide vallon, la vigne prend petit à petit place. On se régale, ravi de ce choix d’itinéraire.






A Albas, la route fait un coude dans un vallon creusé par la rivière qui se faufile à l’extrémité d’une splendide synclinal.






La descente continue dans la gorge par une route encore étroite pour quelques kilomètres avant que nous rejoignions à Villeneuve une route bien plus large. Arrêt à Durban-Corbières pour un coca cola aux glaçons (que je ne confond pas) puis poursuite sur une route de plus en plus chargée en voitures. Catherine est en général assez réticente mais là, compte tenu du vent de face et de la circulation, elle se met dans ma roue. Nous roulons vite (pour nous; environ 28 km/h), car nous voulons sortir au plus vite de cette zone d’une dizaine de km très chargée, fin du week-end de la Pentecôte oblige. Arrivés à Portel, juste avant de rejoindre la N9, nous pouvons enfin prendre la tangente sur une route agricole qui nous amène tranquillement à Peyriac-de-Mer au bord de l’étang. Le paysage a changé très vite. Après le relief quelques fois encaissé des Corbières, nous sommes désormais dans le paysage plat du littoral et des anciennes salines.
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C’est très joli mais contrairement au reste du week-end, nous devons nous réhabituer au monde, aux gros (pseudo) 4x4 qui doublent même quand il n’y a pas la place de le faire, etc.






A Bages, la cathédrale de Narbonne se découvre. On y est presque. C’est du moins ce qu’on se dit.






La dernière heure sera une calamité. Un gâchis innommable. Narbonne, que nous avions quittée par un joli itinéraire cyclable par l’Ouest, est en réalité l’archétype de la ville du Sud. Des assassins de cyclos qui n’imaginent pas qu’on puisse se déplacer au quotidien autrement qu’en voiture!
Nous arrivons de Bages par une petite route absolument charmante et plate, un lieu rêvé pour la découverte du vélo.






Mais la SEULE possibilité pour rejoindre le centre est de circuler sur la bande d’arrêt d’urgence de la N9, la route de l’Espagne.






Avant les gros travaux sur l’échangeur A9/A31, il était possible de passer mais depuis, ça ne l’est plus. Conséquence, il est impossible aux voyageurs et aux narbonnais de sortir par le sud de la ville sans risquer leur peau. Je sais bien qu’il existe une piste cyclable en site propre pour rejoindre Port-la-Nouvelle directement. La boucle avec un départ d’un côté de l’étang puis le retour par l’autre serait donc une évidence. Mais non. Rien de rien. Espérons qu’ils remédient à cela au plus vite.
Le reste de la ville est à l’avenant. A cause de l’échangeur ferroviaire qui est situé en pleine ville, on doit passer par le centre ou contourner par une sorte de périph voie rapide. Les ponts routiers intramuros n’ont pas la moindre place pour les vélos; obligé de rouler sur un trottoir très étroit ou dans un flot de conducteurs impatients.
Nous retrouvons notre voiture après un enfer de 45 minutes environ à rouler en essayant d’éviter les grandes artères tellement hostiles. La clé Allen de 8 est remise à son propriétaire sympathique puis nous repartons chez nous. Il est environ 19 h.

Conclusion et retour d’expérience.

Les Corbières et la Haute vallée de l’Aude sont un paradis pour les cyclos autant que Narbonne est l’enfer pour eux. La richesse en routes bucoliques, sites historiques, monuments etc. est incroyable. La population très accueillante. Tout cyclo se doit d’aller y rouler un jour. Il est très possible de combiner des circuits avec l’Ariège et les Pyrénées Orientales, voire avec une section du canal du Midi et la Montagne Noire si on a du temps.

Se loger

On n’est pas obligé de dormir sous tente: les gîtes et chambres d’hôtes sont légion. Il est très possible de louer un gîte une semaine et de rayonner autour et donc ne pas choisir l’itinérance.
Les campings, par contre, sont relativement peu nombreux. Le camping sauvage ne pose aucun problème. Planter sa tente chez les sœurs à Ste Marie de Rieunette est possible pour une nuit sans problème à condition de s’intéresser un minimum à la démarche monastique (elles ne sont pas inscrites sur warmshowers).

Distances, accès

La grève SNCF nous a forcés à revoir le projet en allongeant les distances. Mais même sans cela, le périple prévu était basé sur des étapes trop longues compte tenu des nombreuses opportunités de visites.
Narbonne, bien qu’hostile aux cyclos, est un point d’accès facile en TGV. Pour le TER ou l’accès routier, d’autres choix plus judicieux sont possibles.

Meilleure périodes

Le printemps et l’automne sont préférables. L’été, il peut y faire très chaud. Néanmoins l’altitude moyenne permet le rafraîchissement la nuit. Donc ceux qui ne craignent pas la chaleur peuvent quand même y aller l’été (beaucoup plus de monde sur les routes, évidemment). Baignade en rivière à mon avis très agréable l’été. Attention, région méditerranéenne. Les phénomènes méditerranéens peuvent être violents et dangereux en fin d’été et en automne. En tenir compte si camping sauvage.

Vélos, divers

Question vélos, tout était (presque) parfait (allusion au serrage de mon câble de vitesses). La préparation terminée la veille tard le soir n’est pas recommandée.
La condition physique. C’est vrai, il faut avoir roulé en terrain semi-montagneux pour en profiter. Ça se fait très bien mais il vaut mieux avoir découvert avant de se pointer là-bas.
C’est idiot mais on a découvert le lait en poudre. Bien plus pratique que d’acheter et transporter les bidons de 1/4 de l de lait comme on faisait avant!

3 jours en cyclo-camping dans l'Aude - étape 2


Lorsque peu avant 17 h, j’ai senti les premières gouttes sur mes avants-bras, je n’étais pas vraiment surpris. Les gros nuages s’amoncelaient depuis au moins une heure sur la montagne et particulièrement vers le Sud, notre cap général sur cette journée. Le lavoir couvert de Valmigère, village dans lequel nous entrions, tombait à pic pour nous nous mettre à l’abri le temps de nous couvrir, nous et nos sacoches non étanches.

Enfin, c'est ce qu'on se disait…

La journée avait pourtant commencé ce matin sous les meilleurs auspices météo.
Vers 6h30, il faisait jour dans la tente; mais il était trop tôt pour que les rayons du soleil en réchauffent déjà la paroi et ce faisant, nous rassurent sur le pronostic météo de la journée. Ce n’est qu’en sortant dehors que je j’ai su que la matinée serait belle.
J’adore ce moment précis de la journée, juste avant que les premiers rayons illuminent la scène en débouchant derrière une crête ou une lisière. Quelques minutes plus tard, le paysage change alors de teinte.

J’en profite pour flâner, écouter le silence et m’émerveiller en solo car Catherine est encore enfouie dans son sac de couchage à ce moment-là.

Mais le temps de la contemplation ne dure pas très longtemps. Nous avons un horaire: l’office de la Pentecôte à Ste Marie de Rieunette auquel nous avons prévu de participer est à 10h00 et nous souhaitons arriver un peu avant pour découvrir le site. Donc l’objectif est d’être prêts à 9h pour ne pas être pressés pour parcourir les 7 à 8 km qui nous restent à rouler (en descente). La mécanique est rodée. Donc à 9h15 nous étions en route. La descente est propice à un démarrage en douceur et à la découverte au détour d’un virage d’un joli hameau restauré (Molières/Alberte) avec vielles pierres, fleurs et une petite chapelle.

Mais il faut rester attentif pour bifurquer au bon moment: aucun panneau n’indique l’abbaye. Les sœurs ne cherchent pas à attirer les foules. Un petit km de montée et nous y sommes. Oh, ça n’a rien d’imposant. Quelques bâtiments. Une jolie église romane. C’est plus proche d’un prieuré que de Solemnes ou Cîteaux.

Après l’office (chanté en grégorien, pas franchement notre tasse de thé), l’une des sœurs nous propose de nous joindre à 3 autres personnes à qui elle fait visiter le cloître, normalement non visitable car situé au delà de la clôture. Curieux, nous les suivons. La sœur raconte que ce monastère très ancien a été abandonné pendant 250 ans et n’est redevenu habité que depuis 1994 lorsque
quelques sœurs l’Abbaye cistercienne Sainte-Marie de Boulaur dans le Gers sont venues la remettre sur pieds pour s’y installer. Il ne restait que l’église, encore debout mais en état intérieur dégradé. Les bâtiments actuels ont été refaits entièrement et le cloître conçu à partir de rien, construit par des artisans qui ont mis du cœur à faire du beau travail, dans les règles de leur art.

Pendant une vingtaine de minutes nous écouterons l’histoire de ce retour, celle de la vie dure, l’hiver, qui ne convient pas à toutes les religieuses qui y sont passées, en nous interrogeant sur ce qui pousse ces contemporaines à choisir librement cette vie…
Compte tenu de l’heure qui a tourné, il nous semble opportun de manger notre pique-nique avant de nous mettre en route, à l’ombre d’un des nombreux arbres au bord du ruisseau qui coule au milieu du site (rieunette , dérivé de l’occitan, veut dire petit ruisseau). C’est donc très tard, vers 13h, que nous partons pour de bon. 1h30 après ce que j’espérais… Une arrivée tardive à notre étape du
soir devenait une certitude car nous avions environ 50 km à faire ce samedi, avec du dénivelé.
La route qui remonte la vallée du Lauquet est rapidement rejointe après 2 km de descente. Nous allons la suivre pendant presque 10 km en longeant une charmante rivière tumultueuse en ce printemps arrosé, passant par quelques tout petits villages ou hameaux. C’est le cyclotourisme dans toute sa splendeur. La verdure, est constante, le bruit du ruisseau est un fond sonore quasi permanent. Les oiseaux, les fleurs et … aucune voiture, encore moins de cyclos. Nous sommes quasi-seuls dans un paysage qui n’est plus méditerranéen. C’est plus proche des piémonts de l’Ariège ou de la Haute Garonne.

Cette vallée n’est pas très raide, en tous cas au début. Mais nous finissons par la quitter et serons alors surpris de ne plus entendre le ruisseau et surtout de devoir monter la chaîne “à gauche”: la pente se corse. Je vois bien que Catherine souffle. Elle n’a pas la tête des bons jours. Il faut dire que nous
n’avons pas trouvé le troquet que nous espérions pour notre café rituel.
Villardebelle est notre dernier espoir, car c’est le sommet de la côte la plus longue et fatigante.

Ça serait le lieu parfait pour notre récompense. Mais non, rien. Ou en tous cas pas de café. Nous entendons la musique d’un orchestre de cuivre et le tohu-bohu d’une fête. “Ils ont peut-être du café?” On hésite à nous joindre aux convives qui déjeunent sous une grande tente. Dur de passer incognito comme les Duponts dans notre tenue cycliste. “Pas chiche”. Nous poursuivrons sans oser en décidant
de ressortir notre réchaud pour nous faire nous-mêmes notre café au prochain endroit agréable. Il y a tellement peu de voitures que nous choisissons de nous installer dans un virage de cette belle route, sur un parapet qui domine la vallée et offre un joli point de vue. En temps ordinaire, ça n’est pas notre
style de faire la pause à même le bitume. Mais là, 2 voitures seulement viendront rompre le silence pendant notre longue pause café. Nous reprenons notre route qui après une courte descente se remet à monter, mais plus gentiment. Les nuages s’amoncellent.

Et les gouttes qui se mettent à tomber caressent nos avants-bras. Il est plus prudent de s’arrêter pour s’équiper contre la pluie. Ce lavoir fera l’affaire…

A peine installés sous le lavoir, les petites gouttes se transforment en vrai orage. Il s’en fallait de peu que nous soyons trempés. Nous nous équipons mais Catherine comme moi savons bien que cette pluie n’augure pas d’une averse passagère. Après 10 à 15 minutes et aucune amélioration nous commençons à envisager la suite de notre programme. Réalistement. A 17 h30 et encore 25 km à parcourir dont les 2/3 en montée, nous ne nous voyons pas rouler sous la pluie.
Le bâtiment en face ne parait pas habité et le auvent qui le jouxte nous semble pouvoir nous offrir une protection bienvenue. Nous sommes entrain de nous interroger sur la possibilité de monter la tente sous cet abri providentiel lorsqu’une voiture s’arrête à notre niveau. Les occupants baissent la vitre et
nous interpellent: "l’eau du lavoir n’est pas potable! “Si vous avez besoin d’eau, allez la chercher à la fontaine là-bas!” (encore!; comme hier) . Cette intervention est un signe. Nous les remercions et les questionnons dans la foulée: “il semble que cette maison est inhabitée et qu’un espace sous ce toit
nous permettrait de monter notre tente pour nous protéger de la pluie; vous pensez que ça serait possible??” La dame nous répond du tac au tac. “Je suis la maire du village et cette maison, c’est la mairie. Pas de problème; pour une nuit, vous pouvez vous installer”. Ils ont du voir notre visage s’illuminer et ça a du leur plaire car l’homme renchérit dans la foulée: “vous passerez prendre
l’apéro ce soir??” Notre réponse non plus n’a pas tardé: “A quelle heure?” De fait, nous venions de décider de clore notre journée cyclo après seulement 33 petits kms. Une misère. Trop contents de pouvoir dormir au sec, nous nous en moquons et ne ferons aucun cas de la dalle de béton sur laquelle nous nous apprêtons à passer une nuit. Notre tente autoporteuse n’a pas besoin de sol meuble pour être montée avec des piquets et sardines et nos matelas pneumatiques feront l’affaire (contents d’en
avoir avoir des boudins assez épais). Nous sommes ravis de notre installation (la maire nous aura indiqué qu’à l’autre côté du bâtiment se trouvent des toilettes, et nous savons déjà où se trouve l’eau potable). Après la toilette sommaire au gant, habituelle en camping “sauvage”, nous sortons la carte pour revoir notre itinéraire du lendemain.

A 19h30 pétantes, nous sonnons chez nos hôtes. La pluie s’est enfin arrêtée, après 2 heures. Mais nous ne regrettons pas un instant d’avoir changé nos plans. Grâce à cette rencontre fortuite, nous allions avoir un peu plus le temps de faire la connaissance avec Isabelle et Didier autour d’une blanquette de Limoux.
Nous passerons une heure ainsi, à échanger, blaguer et en savoir plus sur la vie dans cette zone rurale. Ils s’étonneront que nous en connaissions tant sur leur région alors que nous ne sommes que des touristes (Didier est du village où j’ai fait le plein d’eau hier soir et je l’ai bluffé en décrivant la maison en face de celle ou il a grandi, à côté du lavoir d’hier). On leur explique que c’est
grâce au vélo et en prenant le temps de rentrer en contact avec les gens. Nous pouvons nous rendre compte que l’accueil dans nos territoire ruraux est chaleureux. Ils nous font la pub pour leur gîte de France (celui de la mairie, 200€/semaine pour 4 personnes), nous expliquent qu’ils reviennent de la fête des chasseurs du canton et que nous aurions du venir demander le café (ils étaient dans le groupe de bons vivants qu’on avait vus et entendus dans l’après-midi) qu’ils ne nous auraient pas servi, car ils n’en étaient pas encore là, mais un bon coup à boire (de toute évidence, la maréchaussée ne faisant pas le planton avec l’éthylotest à la sortie de la fête).
Après une heure, nous rentrons à nos pénates pour cuisiner sur notre camping gaz et terminer cette journée chiche en kilomètres mais riche en rencontres et découvertes de la région et de ses habitants.

samedi 19 mai 2018

3 jours en cyclo-camping dans l'Aude - Etape 1

Ce week-end de Pentecôte a été l’occasion de partir en mode cyclo-camping dans l’Aude, une destination proche de chez nous (1 h de voiture) que nous souhaitions découvrir depuis plusieurs années.

J’avais conçu ce tour l’année dernière avec un point de départ à Lézigan, petite ville entre Narbonne et Carcassonne. L’idée était de raccourcir l’étape “montante” d’une quinzaine de km en prenant un TER pendant 1/4 h. L’arrivée était fixée à Rivesaltes (non loin de Perpignan), pour un retour le lundi en fin de journée en TER à la voiture laissée proche de la gare de Narbonne.

L’envie derrière ce projet était de découvrir ce que le département nous vend comme le « pays cathare ». Je voulais aussi passer par une minuscule abbaye de sœurs cistercienne à Rieunette, un monastère perdu dans la nature. Comme c’est la fête de la Pentecôte, nous pourrions y planter notre tente, assister à l’office de 10h00 et continuer vers le Sud par Arques et son château puis, le lendemain, découvrir les réputées gorges du Galamus et les vestiges de quelques-uns des châteaux dits « cathares » les plus célèbres. Nous prévoyons de dormir en camping sauvage avec une étape pour la seconde nuit près de Bugarach.

Mais compte tenu de la grève SNCF, il a fallu abandonner le départ à Lézignan et rallonger en démarrant à vélo de Narbonne (carte en grand ici).
Carte

Lever vers 6h15 pour moi ce samedi matin. J’ai oublié de transférer ma selle Brooks de ma randonneuse sur mon VTT, je charge les vélos et les sacoches. La préparation est un peu cool ce matin. Les enfants sont de passage ce week-end ; ça discute, on se dit au revoir, etc. Evidemment, nous avons une heure de retard sur l’horaire prévu. Plus de train à prendre, plus d’heure butoir ; ça donne obligatoirement un retard. Rien ne sert de s’énerver, c’est juste comme ça...

Nous arrivons au point de départ après moins d’une heure d’autoroute et on trouve rapidement un lieu qui nous convient pour garer la voiture sans crainte, dans une zone pavillonnaire proche du “périphérique” de Narbonne, grâce à mes reconnaissances cartographiques.

Le retard est encore accentué car dès les premiers tours de roues, je me rends compte que mes vitesses ne passent pas. Bizarre. Après quelques instants de doute je comprends que j’ai mal remonté la béquille et que le câble de dérailleur AR a été coincé sous la plaque de béquille installée et serrée sous bases. Problème : la clé héxa de 8, nécessaire pour desserrer le boulon et libérer le câble, ne fait pas partie du jeu présent sur le multitool et j’ai oublié de mettre cette clé « spéciale » dans ma trousse à outils. De plus, contrairement à mon habitude, je n’ai pas chargé ma boîte à outils vélo dans la voiture « au cas où »...


Ça commence assez mal...

Qu’à cela ne tienne, je hèle le premier homme vu à un balcon en lui demandant s’il a un jeu de clés héxa. Le retraité, après une brève hésitation due à la surprise devient affable et descend rapidement de son balcon et ressort par le garage avec la clé idoine pour remettre tout ça d’aplomb. Heureusement, le câble avait été serré fortement entre la plaque et les rebords qui l’empêchent de pivoter mais n’avait pas été sectionné. L’homme insiste pour que je prenne la clé hexa avec moi, ce que je fais finalement en ayant convenu que je la lui déposerai dans sa boîte à lettres à la fin du périple. Les gens aiment bien rendre service!
Nous pouvions partir “pour de vrai”. Il était 10h20 (au lieu de 9h). Pas si grave, le temps était magnifique.
La sortie de Narbonne s’est faite par une petite route se transformant en chemin, très agréable, que j’étais assez fier d’avoir déniché sur la carte IGN (et qui m’avait amené à chercher à me garer dans ce coin). En roulant, je me rendais compte que cet itinéraire avait été balisé en itinéraire cyclable en bonne et due forme, et c’est tout guillerets que nous entamons notre randonnée en nous élevant au-dessus de Narbonne la romaine à l’abri de la circulation et dans un paysage ou alternent vignes et garrigues.

Certes, un peu plus loin il nous a été impossible d’éviter de rouler 3 ou 4 km sur une route départementale « rectifiée », des kilomètres qui m’ont conforté dans mon désir de les éviter au maximum tant les voitures roulent vite (vous avez dit limitation à 80 bientôt ?). Mais on ne va pas faire la fine bouche, à la première bifurcation nous délaissons cette route « jaune » et nous entrons alors dans le monde paisible du cyclo randonneur de mon acabit qui trace ses itinéraires sur routes « blanches ». Nous continuons de rouler dans les vignes, contents de trouver quelque relief et petits massifs forestiers pour casser la monotonie du vignoble, en choisissant le détour par Boutenac où une table bien placée par la mairie nous invite à nous arrêter pour casser la croûte.


Il faut attendre le village suivant, Férrals-les-Corbières, pour trouver un café pris en terrasse. Après ce remontant « rituel » très agréable (sauf qu’on n’a pas retrouvé la tablette de chocolat prévue pour ces occasions), nous goûtons au plaisir d’emprunter une de ces petites routes des vignes dont le bitume est souvent symbolique (il s’est même transformé en graviers sur un petit km) qui nous amène sans aucun souci le long de l’Orbieu, avec passage d’un petit gué, jusqu’à Fabrezan. Quel plaisir !
Pas de visite de ce village, l’heure tourne. Nous continuons notre route vers Lagrasse, objectif touristique de la journée. Nous voulons visiter ce village médiéval, son abbaye séculaire. Une fois de plus, la départementale bien rectifiée n’étant pas à notre goût, nous suivions les chemins de traverses, notamment entre Camplong et Ribaute. Belle surprise en traversant le pont à cet endroit où l’Orbieu s’offre à notre vue en un beau rapide. Bel endroit pour se rafraîchir si on passe ici en plein été (avec moins d’eau j’imagine). Ce fut le premier mais non le dernier des très jolis ponts anciens vus sur ces 3 jours.

L’arrivée à Lagrasse par la départementale retrouvée est très belle et donne un joli point de vue d’en haut du village et de son abbaye imposante.
Lagrasse et son abbaye
Nous parcourons ses ruelles médiévales, passons 20 minutes à la maison du tourisme pour en apprendre un peu sur les plafonds particuliers datant du moyen âge retrouvés assez récemment dans plusieurs maisons du village ; une curiosité bien mise en valeur par la municipalité. Nous franchissons un magnifique pont médiéval dont la forme en dit long sur les épisodes de crues qui peuvent s’abattre sur ce pays, pour aller visiter l’abbaye située rive gauche. Compte tenu de l’heure avancée, nous ne pourrons pas visiter les 2 :  l’abbaye publique (la partie médiévale) et l’abbaye plus moderne (XVIIIe) actuellement habitée par une communauté de chanoines (religieux non moines). Nous choisirons la seconde qui demande moins de temps de visite (et ma femme qui n’est pas férue de vieilles pierres préfère un endroit habité). Nous verrons le très beau cloître, l’église et des jolis jardins.


Après un coca bu au café-librairie attenant en guise de produit dopant ou d’aide psychologique pour aborder la partie plus pentue de l’itinéraire de la journée, nous voilà sur nos vélos et quittons Lagrasse. Ce lieu nous a bien plu.  L’absence de monde en ce long week-end, le centre médiéval qui ne nous a pas paru défiguré par les boutiques comme à Carcassonne, Saint Guilhem-le-Désert, ou la Couvertoirade etc. et l’abbaye (même i il faut acheter 2 billets pour tout voir) nous ont fait très bonne impression.
Après avoir suivi quelques méandres de l’Orbieu, nous bifurquons vers l’Ouest et remontons les gorges du Sou. La route en arabesque est belle et calme dans un vallon encaissé. A la sortie des gorges, le paysage s’ouvre. Nous choisissons la route blanche par Rieux-en-Val, charmant petit village que nous atteignons rapidement.
Nos bidons sont quasi vides car on a oublié de les remplir à Lagrasse. Nous repérons rapidement un robinet sur la place principale et alors que nous nous apprêtions à remplir les bidon, un homme au volant de son 4x4 nous dépasse, s’arrête puis recule. Il nous aborde pour nous prévenir que l’eau n’est pas potable, que les panneaux « eau non potable » sont commandés et arriveront la semaine prochaine. Il interpelle l’une des 3 dames en train de discuter à une dizaine de mètres « Janine, » (ou un autre nom comme celui-ci ; j’ai la mémoire qui flanche !), « tu pourrais leur remplir les bidons ; l’eau de la fontaine n’est pas potable ! ». Janine n’avait pas l’air d’y trouver grand ’chose à redire, à cette eau. Mais peu importe. Le lien avec le groupe est fait, ça discute. Catherine rentre avec ses bidons chez la dame qui lui raconte sa vie de postière (retraitée). Tout ce petit monde s’intéresse à notre randonnée : « Où allez-vous ?» « D’où venez-vous ? ». On leur explique et ils ont un peu de mal à comprendre. Ils connaissent la montée du col de Taurize qui nous sépare de notre destination et ne s’imaginent pas qu’on puisse désirer y aller avec des vélos chargés comme les nôtres. « Rieunette ? » oui, ils connaissent. Ils nous expliquent. A la Saint-Loup, le lundi de Pâques, avant que les sœurs actuelles ne reviennent en 1994 commencer à reconstruire cette abbaye abandonnée à la vie monacale depuis 250 ans, les habitants du coin avaient comme tradition d’aller sur le site pour y faire et manger une grosse omelette. Nous leur partageons notre appréciation pour leur belle région et la richesse de son patrimoine. L’une des dames nous comprend : « Vous avez vu le Pont Ancien? ». Non, nous ne l’avons pas vu. Elles nous racontent alors qu’en ce lieu devenu célèbre à cette occasion, Jean-Marais a sauté lors du tournage du « miracle des Loups » (en 1961 !). Elles évoquent avec nous ce souvenir de la journée passée au pont pour voir Jean Marais qui a marqué le village.


Evidemment, bien que déjà très en retard, nous allons faire le crochet. Le pont quasi millénaire est effectivement très beau et si nous n’avions pas une grosse étape prévue le lendemain, nous aurions bien bivouaqué là.
Nous repartons dans la lumière du soir. Au village suivant, Catherine ne retrouve plus ses lunettes (de vue), oubliées au moment de remplir les bidons. Je retourne les chercher seul à Rieux-en-Val alors que Catherine continue la montée. Les lunettes sont là où elles étaient laissées, près du robinet et les mêmes personnes toujours occupées à discuter. Ils me chambrent : « déjà de retour de Rieunette ??! ». On a bien rigolé. Quelle simplicité dans les relations ! Tout cela c’est le vélo qui le rend possible. En supprimant les barrières que constitue la carrosserie, en suscitant la curiosité voire l’admiration (pas l’envie en tous cas), ça donne des occasions de contacts.
Après une ou 2 répliques sur le ton de la plaisanterie je repars aussitôt car je sais que chargé comme je suis, Catherine ne va pas tellement moins vite que moi. Elle a pris une avance que je ne pourrai rattraper. Il lui faudra m’attendre plus haut et je ne voudrais pas qu’elle se lasse.
A Villar en Val, dernier village avant le col, je n’ai toujours pas opéré la jonction avec Catherine. Je sais déjà qu’on n’atteindra pas Rieunette ce soir et qu’il nous faudra bivouaquer, probablement près du col. Il nous faut donc faire le plein d’eau pour le bivouac. Une nouvelle fois, je recherche un robinet dans le village qui me sera indiqué par une habitante qui est passée au bon moment en voiture et qui m’indique le lavoir où je remplirai tous mes récipients : vache à eau, bidons et bouteille 1,5l. Je charge les 7 litres d’eau sur le vélo et ça se sent. Ajoutés aux 21 kg de sacoches pesés ce matin au départ de la maison + la tente de 3,3 kg, mon vélo de 17 kg ; ça fait près de 50 kg à monter sur près de 5 km avec un km à 6,6% de moyenne. 200 m après le village, je retrouve Catherine qui commençait à prendre froid. Les derniers rayons du soleil sur ce versant Est nous accompagnent quelques minutes et nous aurons un immense plaisir à faire cette montée tous les 2, à un rythme de sénateur, en nous émerveillant devant le paysage qui se découvrait au fur et à mesure de notre ascension.

Rapide photo au col, enfilade de coupe-vent pour la descente. 2 km après, la route marque un léger replat et des prairies prennent la place de la forêt. C’est le lieu idéal pour le bivouac. Demain, nous n’aurons qu’à descendre les 7 ou 8 km qui nous séparent de Rieunette. Nous avons roulé environ 75 km selon mon compteur depuis Narbonne avec du vent souvent soutenu en pleine face.
L’installation du bivouac est rodée donc rapide. Nous faisons bon usage de l’eau pour une toilette nécessaire et apprécions contempler les couleurs du couchant se fondre dans celles du crépuscule puis celles de la nuit, alors que nous dînons dans un calme enchanteur. Depuis Villar, nous n’avons vu ni entendu aucune voiture. Dans la nuit, quelques éoliennes, nombreuses entre Carcassonne et Narbonne, se manifestent par leurs clignotements rouges dans la nuit. C’est le seul signe visible de modernité. Pas un village ni même une ferme en vue. Le ciel est clair, la nuit sera reposante. Les orages que j’ai craints un moment ne viendront pas gêner notre sommeil. Cette première journée s’achève avec un bivouac de rêve. Il ne faudra pas longtemps à Catherine pour s’endormir.

Il nous en faut peu pour être heureux !